L’UPA de Lanaudière dénonce le projet de TGV d’Alto et appelle à la mobilisation pour protéger les terres agricoles
L’Union des producteurs agricoles (UPA) de Lanaudière sonne l’alarme devant les conséquences majeures qu’aurait le projet de Train à grande vitesse (TGV) proposé par Alto. Selon l’organisation, le tracé envisagé entraînerait la fragmentation d’exploitations agricoles parmi les plus productives du Québec, menaçant à la fois les entreprises familiales, la relève agricole et la sécurité alimentaire de la population.
Depuis l’annonce du projet, les producteurs de la région font part de leur inquiétude croissante. Le TGV traverserait des terres parmi les plus fertiles du Québec, dans un contexte où seulement 2 % du territoire québécois est propice à l’agriculture. L’UPA juge que la consultation actuelle se déroule trop rapidement et sans évaluation rigoureuse des impacts.
Une première prise de parole ferme
« Nous sommes ici aujourd’hui pour dénoncer un véritable saccage annoncé. Tout va trop vite, et personne ne prend le temps de répondre aux vraies questions. Nous n’avons certainement pas l’intention de laisser se répéter un scénario comme celui de Mirabel », a déclaré Marcel Papin, président régional de l’UPA, lors d’un point de presse tenu en marge des portes ouvertes organisées par Alto.
Une alternative crédible et moins destructrice
Selon certains experts[1], une solution plus réaliste et moins coûteuse existerait : le Train à grande fréquence (TGF), qui utiliserait les emprises ferroviaires déjà existantes et permettrait d’éviter les impacts majeurs sur le territoire agricole.
« Le gros bon sens s’impose : pourquoi foncer tête baissée dans un projet risqué, coûteux et mal adapté, alors qu’une option plus efficace, plus fiable et deux fois moins chère est à portée de main? » a déclaré Simon Duval, 2e vice-président de la Fédération de l’UPA de Lanaudière.
Un cri du cœur d’une relève agricole
Les mots de la relève agricole ont résonné avec une intensité particulière.
« Pas besoin d’exproprier pour briser une ferme : il suffit de la scinder. Ce projet met en péril notre avenir agricole, notre capacité de transmettre nos fermes… mais aussi votre capacité, à vous, de vivre dans un Québec qui se nourrit de ses propres terres », a affirmé Guillaume Alary, producteur agricole et président du syndicat UPA L’Assomption–Les Moulins.
L’UPA lance un appel à la population et aux décideurs
L’organisation demande au gouvernement de suspendre l’avancement du projet actuel, de procéder à une évaluation comparative complète des options TGV/TGF et de reconnaître l’importance vitale des terres agricoles pour l’avenir du Québec.
[1] Un professeur de l’Université Laval critique le projet de TGV
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